The Enigma of Reason by Hugo Mercier

The Enigma of Reason

Reason, we are told, is what makes us human, the source of our knowledge and wisdom. If reason is so useful, why didn't it also evolve in other animals? If reason is that reliable, why do we produce so much thoroughly reasoned nonsense? In their groundbreaking account of the evolution and workings of reason, Hugo Mercier and Dan Sperber set out to solve this double enigma....

Title:The Enigma of Reason
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ISBN:0674368304
Number of Pages:384 pages

The Enigma of Reason Reviews

  • Carl Nelson

    A persuasive and well argued claim for the interactionist view of reason in contrast to the intellectualist view of reason. By this view reason evolved to support social interaction including the statement of claims and their evaluation by others. Thus reason advances through arguments with audiences who critically engage the claims and their reasons.

  • Rhys

    A compelling case for an interactionist perspective of human reason.

    "The ability to produce and evaluate reasons has not evolved in order to improve psychological insight but as a tool for defending or criticizing thoughts and actions, for expressing commitments, and for creating mutual expectations. The main function of attributing reasons is to justify oneself and to evaluate the justifications of others" (p.186).

  • Lakmus

    Phew, done. Finally.

    Mind blown though. This view of reasoning actually makes a lot more sense (or maybe it's the myside bias and I need to go read 'Thinking fast and slow' asap just to counter-balance). It also allows to shove reason off the Human Superpower pedestal nicely.

    It's quite dense, and may be could be cut a little shorter, but then I guess the authors were trying to explain their position in detail. The reiterations felt nice actually and did a good job of reminding me what the previou

    Phew, done. Finally.

    Mind blown though. This view of reasoning actually makes a lot more sense (or maybe it's the myside bias and I need to go read 'Thinking fast and slow' asap just to counter-balance). It also allows to shove reason off the Human Superpower pedestal nicely.

    It's quite dense, and may be could be cut a little shorter, but then I guess the authors were trying to explain their position in detail. The reiterations felt nice actually and did a good job of reminding me what the previous few pages were arguing about (or I should've just read in bigger chunks, with fewer week-long breaks in between).

  • Daniel Schulof

    A fantastic book. Presents a very compelling alternative to (expansion of?) the Kahneman-ian dual systems model of cognition and a compelling enough evolutionary explanation for the existing state of human cognitive affairs.

    The core concepts can be difficult to get your head around (due to the similarity of some terms, the relevance of several meta- concepts, and the overall novelty of the stuff to non-professionals), so I was grateful for the clear, concise, and engaging writing -- this is a ve

    A fantastic book. Presents a very compelling alternative to (expansion of?) the Kahneman-ian dual systems model of cognition and a compelling enough evolutionary explanation for the existing state of human cognitive affairs.

    The core concepts can be difficult to get your head around (due to the similarity of some terms, the relevance of several meta- concepts, and the overall novelty of the stuff to non-professionals), so I was grateful for the clear, concise, and engaging writing -- this is a very, very well-written book. The tone (confident, reasonable, erudite, with a lot of respect for the reader's intellectual abilities) communicates mastery without sacrificing clarity or readability. I wish that more books about challenging abstract ideas were written this way.

    I have not read enough Sperber to venture a guess as to how much of this was Mercier's work, but I'll definitely be looking for more from him in the future.

    This isn't an easy read but if you're serious about trying to improve your thinking about thinking, it is probably required reading. Familiarity with the dual systems model is probably a prerequisite.

  • Simon Lavoie

    La raison des philosophes est un super-pouvoir distinctif de l'humain; celle des psychologues expérimentaux une capacité biaisée, paresseuse et fautive ("

    ") (voir Daniel Kahneman

    pour une exposition détaillée).

    Ces deux perspectives sont irréconciliables avec une explication évolutionnaire de la raison : une capacité ne peut être sélectionnée pour ses défauts, ni l'être en vertu de caractères ou de traits d'une nouveauté entière et san

    La raison des philosophes est un super-pouvoir distinctif de l'humain; celle des psychologues expérimentaux une capacité biaisée, paresseuse et fautive ("

    ") (voir Daniel Kahneman

    pour une exposition détaillée).

    Ces deux perspectives sont irréconciliables avec une explication évolutionnaire de la raison : une capacité ne peut être sélectionnée pour ses défauts, ni l'être en vertu de caractères ou de traits d'une nouveauté entière et sans commune mesure (sans homologie) avec sa/ses devancière(s).

    Une super-capacité fautive et fruit de l'évolution forme une énigme. Mercier et Sperber entreprennent de la démonter en défendant cette proposition centrale :

    Le raisonnement est un mécanisme inférenciel intuitif dont le domaine propre comprend l'évaluation et la production des raisons comme justifications et comme arguments pour convaincre autrui.

    Ce que les psychologues expérimentaux tiennent pour des défauts et des erreurs de l'intuition et de la raison sont en réalité des caractères adaptatifs, adéquats à la coordination sociale, à la préservation de la réputation individuelle, à la communication et au renforcement des normes et engagements mutuels, de manière tel, par exemple, que le partage de croyances au sein d'un groupe et la capacité d'anticiper les objections possibles renforcent la portée et la qualité du raisonnement individuel; tandis que l'absence de cet arrière-plan et d'objection anticipables appauvrie le raisonnement. Ces motifs font que le même Newton a atteint des sommets dans le raisonnement mathématique (auditoire dense) et s'est égaré dans les spéculations d'alchimie (auditoire faible).

    Les organismes vivants possèdent une variété de mécanismes cognitifs inférenciels, produisant des informations nouvelles à partir d'informations actuelles (par exemple: la direction du retour au nid déterminée à partir de la position du soleil et du décompte des pas ou emjambées chez

    , une variété de fourmis).

    Les intuitions sont des informations nouvelles auxquelles un système cognitif parvient sans représentation ni accès aux raisons ou raisonnement qui la précédent, il s'agit d'un mécanisme non conscient.

    Les mécanismes inférenciels sont modulaires, spécialisés pour le traitement d'un domaine d'informations, et pour la production d'une sortie, spécifiques.

    Les mécanismes inférenciels cognitifs n'opèrent pas sur des entrées formatées en représentations langagières articulées logiquement (du type

    ,

    ), ils exploitent plutôt des régularités fiables dans leur environnement sans produire une représentation de la transformation qu'ils en font.

    L'erreur à la base des énigmes de la tradition de pensée sur la raison viennent de ce que celle-ci est entendue comme un mécanisme de formation de croyances et de décisions objectives, impartiales et supérieures chez le penseur solitaire, alors que la raison permet de justifier, argumenter, évaluer et convaincre.

    Les tenants de la raison individualiste sont incapables d'expliquer pourquoi nous nous avérons, d'un côté, si prompts et persévérants à tenir et à tirer orgueil de jugements faiblement étayés, mais si minutieux et détaillés, de l'autre, dans l'évaluation des raisons des autres; ils sont également peu loquaces sur la forme de la discussion, du débat et de justification que revêt la formation solitaire de nos décisions. Nous raisonnons en réponse à des objections et à des demandes de justification virtuelles, prochaines ou imaginaires. Enfin et surtout, les partisans de la raison individualiste sont incapables d'expliquer pourquoi un groupe d'individus qui discutent, argumentent et justifient leurs décisions parvient, confronté à des tâches logiques exigeantes, à des résultats supérieurs à la moyenne des réponses de ses membres, et supérieurs au résultat individuel des meilleurs d'entre eux. Dans le même ordre d'idée, tandis que des étudiants des meilleures universités américaines ne réussissent aux tâches de sélection Wason (quelles cartes tourner pour vérifier la justesse d'une règle de type Si P, Q) à guère mieux qu'à 20 à 25% des tâches, les groupes y parviennent jusqu'à 70 ou même 80% des cas. Un résultat aussi formidable, qui est l'équivalent d'un groupe de coureur dont les vitesses respectives s'additionnent plutôt que de demeurer parallèle, a jusqu'ici reçu aucune attention digne de ce nom.

    La raison interactionniste, au contraire, genère et confirme des hypothèses sur chacun de ces fronts. Les lacunes et les anomalies de l'ancienne conception cartésienne semblent combler ou en voie de l'être. La raison est destinée à la consommation sociale; l'inégalité de nos capacités d'évaluation de nos propres décisions et jugements et de ceux d'autrui assure une sain division du travail cognitif (je donne des raisons faibles mais auxquels je crois et 'évalue tes raisons, et toi les miennes). Le pari est tenu.

    Forces du livre

    Mercier et Sperber recourent à un éventail d'exemples et de supports à leur thèse dont la richesse et la variété sont remarquables. La culture scientifique, historique et littéraire dont ils font montre agrémente la lecture et convainc d'autant. Plutôt que de recourir exclusivement aux études entreprises avec des sujets étudiants des campus universitaires et de tomber sous les critiques de non-représentativité de ce genre d'échantillon (communément nommés les WEIRD : White, Educated members of Industrialised, Rich and Democratic countries), nous avons des exemples stupéfiants des défauts ainsi que des lumières du raisonnement à l'aide de figures clefs, allant de Bertillon, à Linnus Pauling et Thomas Jefferson (préservation du "myside bias" malgré de faibles raisons empiriques et l'existence de contre-exemples solides, "overconfidence" et polarisation), chez Newton, chez des tributs amazoniennes, maya, indiennes de temps reculés.

    Faiblesse du livre.

    Il peut sembler que la contribution qu'apporte le passage sur la modularité des mécanismes inférenciels à l'avancement de la thèse soit faible. J'ai cru que ce concept, après une critique comme celle de Jesse Prinz (Is the Mind really modular, in Stanton ed.

    ), était tombée en désuétude pour cause de sur-estimation de son pouvoir explicatif - il ne serait rien d'autres que l'affirmation banale de la différenciation fonctionnelle des aires du cerveau. Il se peut que Sperber, qui a étrenné ce concept contre vents et marées sur le long terme, ait voulu administrer la preuve du bien-fondé son parti-parti, un cas de

    . Il ajoute une certaine lourdeur pour le non-initié (auquel ce livre ne s'adresse clairement pas de toutes façons).

    La morale de l'histoire modulaire tient largement en ceci: la spécificité de domaine est compatible avec la production d'une généralité virtuelle. Le module de la raison a le domaine des raisons comme justification et arguments; étant donné que ceux-ci portent sur un nombre incalculable de sujets, la raison traite une nombre incalculable d'objets. Plus exactement, et la subtilité de cette construction est importante : le sentiment de justesse des intuitions auxquelles nous cherchons des raisons après coup (backward inférence) est également un sentiment de justesse à propos de ce

    . Mon intuition qu'il pleuvra dans une heure, sans que je sache comment j'en arrive à le penser, me procure le sentiment d'être justifié, non seulement d'avoir cette intuition, mais également d'agir dans un monde où il pleuvra. La justesse de l'intuition cognitivement opaque est compatible avec la production d'une conclusion réflective sur le monde auquel se rapporte l'intuition (et auquel nous accédons par-dessus l'épaule de celle-ci). Ici réside, largement, non seulement la livraison de cette promesse que la modularité semblait incapable de livrer (spécificité et généralité), mais également l'angle par lequel Mercier et Sperber réfute la perspective d'une discontinuité entre raison et intuition (Système 2 vs Système 1).

    Dans l'ensemble comme dans le menu, cet ouvrage est admirable et hautement recommandé. Il nous rend plus intelligent et confiant, notamment, dans le potentiel, sous des conditions adverses d'accroissement démographique des groupes humains, de l'exercice du raisonnement à produire ce qu'il a de plus fécond : c'est-à-dire des croyances, jugements et décisions supérieurs à ce que chacun peut atteindre isolément.

    Le tournant coopératif dans la théorie évolutionnaire de la cognition avance d'un autre grand pas.

    Mercier et Sperber manage to un-tie the node with a interactionist view of reason that cuts through the individualist root of the enigmas : rather than the individual reasoner's key to access objective, impartial knowledge and decision, through logical, modus-tolens-like way of formatting (representing) sensory inputs, reason is an intuitive inferential mechanism, among many other such mechanisms, exploiting efficient regularities without representing them; the proper (modular) domain of which is reasons given as justifications and as arguments. Justifications and arguments

    - to convince, to enforce reputation and normativity, to commit oneself, to communicate through epistemic vigilance. Intuitively evaluating reasons qua justification / arguments is domain specific. But since the latter can be about anything, and since feeling right about an intuition also amounts to feeling right about the things intuition are about, reason amounts to a virtual domain-general mechanism (from intuitive argument to reflective conclusion). We see the world over the shoulder of a prior, intuitive reason of which we ignore the pros and cons.

    Among this book's many strength are it's deep, large historical knowledge. Mercier and Sperber gives rich and moving exemples in support of their claim : Thomas Jefferson's endorsement of slavery and of man's inborn right to freedom and happiness; ...to be continued and enhanced

  • Thore Husfeldt

    Reasoning, as we know today, sucks. People are able to convince themselves of all kinds of bullshit, and the smarter we are and the longer we think, the more stubborn we seem to become. The function of Reason seems to be to justify our intuitions, not matter how silly they are.

    Many recent books include delicious descriptions of these fallacies of reason, such as Haidt’s

    or Greene’s

    Reasoning, as we know today, sucks. People are able to convince themselves of all kinds of bullshit, and the smarter we are and the longer we think, the more stubborn we seem to become. The function of Reason seems to be to justify our intuitions, not matter how silly they are.

    Many recent books include delicious descriptions of these fallacies of reason, such as Haidt’s

    or Greene’s

    , which I enjoyed immensely. But how does this gel with the equally thought-provoking

    , where Kahneman’s

    seems to be a Reason module (objective, effortful) that can sometimes trump our subjective and lazy

    intuition? That view, after all, seems to be closer to the perspective of classical philosophy, according to which Reason is a cognitive superpower that sets us apart from other animals.

    If reason sucks (as we know it does) how and why can it be used to overcome even worse intuitions? From a Darwinian perspective, there is even more of a puzzle: Reason clearly is maladaptive (leading humans to rationalise obviously unfit behaviour)—so how can it have evolved? For instance, is Reason just it a byproduct of a cognitive module that is actually useful? And if, with Kahneman–Tversky, we grant positive truth-finding powers to Reason, then why is this (allegedly fitness-increasing) module

    ?

    These are delicious, thought-provoking questions. I admit that I hadn’t thought of them in this way.

    The book’s first half contains the authors’ description of what Reason is (and not). This is quite dry, and the style is scholarly. Here’s a prose excerpt:

    These first 200 pages are interesting, but somewhat dense and require attention.

    But then, in Part IV, the book finally hits its stride! The authors soundly reject the (classical) view of Reason, which they call

    , according to which Reason helps the (sole) reasoner to reach a better conclusion. We know this is wrong, empirically. So why do we have this module? Because of the

    model: Reason is a

    module. Its function is

    —to evaluate the claims of others (and build your own arguments in anticipation of such interactions). This fits the evidence and makes evolutionary sense: we

    such a module lest we become helpless recipients of the deception of others, or unable to receive their good advice.

    Mind = blown.

    Imagine standing in the Vatican, in front of Raphael’s

    , with Plato and Aristotle at the center, majestically vying for your attention and sympathy with their opposing epistemologies. But if you’re like me, your eyes wander slightly to the left, to the portly figure of Socrates, engaged in

    . He, alone, uses Reason in the way it was selected for. Reason in its environment of adaptation.

    I find this quite beautiful.

    So if, like me, you like that particular bias confirmed, this book is for you.

  • Giyanto

    Silogisme Aristotelian tergolong logika klasik. Mercier mengulas temuan-temuan terbaru tentang logika/nalar manusia melalui pendekatan evolusi. Didukung oleh hasil riset-riset psikologi baik dari aliran interaksionis sampai ke intelektualis, Mercier mengungkap dengan gamblang bias-bias penalaran yang dihasilkan manusia.

  • Steve Whitney

    Just simply the best book on Cognition and Reason I have read in over 20 years. With that said I do wonder about how the scope of the theory seems to explain every problem about reason and reasoning. I am also left wondering how the theory would explain why people continue to vote against their best interests. If the development and purpose of reason is social and if politics is largely conducted within a social venue, why do we not elect the best candidate for the majority of the people all of

    Just simply the best book on Cognition and Reason I have read in over 20 years. With that said I do wonder about how the scope of the theory seems to explain every problem about reason and reasoning. I am also left wondering how the theory would explain why people continue to vote against their best interests. If the development and purpose of reason is social and if politics is largely conducted within a social venue, why do we not elect the best candidate for the majority of the people all of the time, or even most of the time?

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